Match particulier, puisque nous allons jouer l'équipe qui est dernière au classement, mais qui pour son seizième match de la saison va jouer pour la première fois avec son effectif au grand complet.
Quant à nous, nous sommes privés de notre pivot nain, parti rédiger sa thèse au pays de Jean Ziegler, son pair. Par contre, mardi soir Thomas nous a fait part de sa volonté de finir la saison avec nous autres flageolets, ce qui en soit est une très bonne nouvelle. Désolé les SM5...mais je pense qu'il y va de l'intérêt supérieur du joueur et j'espère bien aussi du club dans un proche avenir.
Le match démarre, et une nouvelle fois les Flageolets balbutient leur basket, usant de l'imparfait alors que nos adversaires tout heureux de se retrouver au complet conjugue leur basket au plus que parfait, alternant avec réussite contre attaque, jeu intérieur et adresse en périphérie. Très vite, le match prend une allure insipide pour les SM2 qui se mettent à jouer au rythme de leur adversaire, et oubliant les vertus défensives une nouvelle fois. Capitaine Vana est en délicatesse avec son jeu, et très vite nanti de 3 fautes qui nous privent d'un autre joueur intérieur. Frustré de sa prestation bancale, il s'en prend au mobilier et se coltine une faute supplémentaire qui permet à nos adversaires de prendre de l'avance. J'opte donc pour un changement radical, place au jeune. L'entrée de Thomas va nous amener de la fraîcheur et de l'intelligence dans notre jeu. Petit à petit nous remontons notre handicap, mais notre basket est toujours aussi brouillon. Notre collectif nous permet de passer devant à la mi-temps.
C'est par un grand silence que j'accueille les joueurs aux vestiaires, bouillonnant intérieurement de la médiocrité de notre jeu et stigmatisant des comportements non avenus les jours de moins bien. Toutefois vu du banc de touche les solutions pour contrer cette équipe sont criardes. nous jouons à leur rythme au lieu d'imposer le nôtre. Soudain deux anges, John Calipari et Mike D'antoni, passent dans mon esprit et me soufflent small ball et run and gun. On va donc mettre fin à nos systèmes longs, à notre priorité de servir les joueurs intérieurs, au jeu léché. On laisse tomber les baskets, on chausse les runnings.
Désormais un tir, doit être pris dans les sept premières secondes des possessions, les joueurs doivent courir,le meneur devient passeur et capable de shooter en première intention, les ailiers plus rapides avec un gros sens de l’attaque pour finir les contre-attaque ou tirer à longue distance et des intérieurs « petits » et toniques.
Nous revenons sur le terrain avec une équipe un tant soit peu déstabilisante pour les spectateurs, mais qui vont très vite s'apercevoir de la vitesse d'exécution de Rémi, des jambes de feu de Guigues, de l'agressivité de Polo, de la vista et de l'adresse de Chris, de Giuseppe en mode défenseur grec et d'un Pierre soudainement impérial dans les raquettes. Pei Pei se demande ce qu'il est venu faire dans ce basket venu d'ailleurs, sans pick et sans rôle précis. Thomas découvre le langage chatoyant et poétique du coach pendant les temps morts. Sous l'oeil goguenard et un tant soit peu hilare de Vana encore tout énamouré de sa longue idylle avec le banc.
Nous jouons donc nettement mieux, nous amenons un peu plus de joie dans la salle et,au final le match se termine avec un écart qui est plus en adéquation avec ce qu'on a envie de réaliser. Nous concluons cette partie par une onzième victoire et pouvons aborder un peu plus sereinement notre prochain déplacement périlleux à Epfig où nous aurons une double mission: victoire et panier average.