Discret, il ne se livre pas facilement. Mais pour nous il a accepté de se dévoiler… un petit peu… juste ce qu’il faut pour que nous, amis de Fufu, supporters des Abeilles, fervents lecteurs de FufuCloser, ayons un petit aperçu de la nouvelle saison qui se profile déjà à l’horizon. Il s’appelle Guillaume VIDOT, il est grand, il est basketteur (eh non l’un n’entraîne pas forcément l’autre même s’il est plus facile de devenir basketteur quand on est grand que grand quand on est basketteur… bref) et surtout super motivé. Le challenge n’est pas simple : prendre la suite de Michal Novak himself, l’entraîneur emblématique qui a monté et maintenu l’équipe en Nationale 2… pendant 10 ans (Joyeux anniversaire JR!), et surtout recréer une équipe compétitive malgré le départ de quelques anciennes (Julia, Sarah, Anne et… moi-même… mais ça vous avez déjà eu le temps de vous y habituer
). Malgré tout, je peux d’ores et déjà vous dire que les Abeilles new generation (les Larves ?!
) vont être une belle petite équipe combative… à l’image de leur coach.
Bonne lecture… et bonnes vacances !
1. Pour commencer, peux-tu te présenter brièvement ? Age, situation professionnelle, parcours de joueur et d’entraîneur ?
35 ans, prof agrégé d'EPS, marié à laetitia et papa d’un petit Ethan qui n’a pas encore un an. Je suis issu de la SIG où j’ai quitté le centre de formation à 21 ans puis direction le BCS en prénationale, en nationale 3, en nationale 2. Après 6 ans de loyaux services, je suis parti à l’AUS en nationale où j’ai fini mon parcours de joueur avec une grosse blessure au dos.
J’entraîne depuis l’âge de 18 ans mais je m’y suis mis sérieusement après ma blessure au dos, soit depuis l’âge de 30. Après l’AUS et Schirrhein en nationale 3 garçons, je me suis occupé du club de Gries-Oberhoffen en tant que manager général et entraîneur des minimes garçons championnat de France.
2. Guillaume c’est définitivement trop long et conventionnel. T’as un surnom ?
Même plusieurs, mais de tous, je prèfère qu’on me donne du Monsieur. Plus sérieusement, je n’aime pas mes surnoms sauf celui par lequel ma femme et ma famille m’appelle. Mais je ne le dirai pas.
3. Tu vas entraîner des filles pour la première fois. Que ressens-tu ?
Et non ce n’est pas la première fois. J’ai entraîné pendant 2 ou 3 ans des filles à Souffel. Puis quelques matchs à Griesheim Dingsheim pour aider l’équipe 1 des filles à monter en Prénationale. Je ne ressens rien de spécial si ce n’est l’excitation du challenge sportif et la possibilité de créer une structure qui tienne sur le long terme au niveau féminin.
4. Qu’est-ce que l’on dit de toi en général?
Beaucoup de choses. Et surtout, cela dépend de quelles bouches viennent les appréciations. Généralement, quand on me parle face à face, c’est plutôt du positif.
5. Qu’est-ce que tu détestes que l’on dise de toi ?
Que je suis tout le temps en vacances, vu que je suis prof, et surtout, prof d’EPS.
6. Qu’est-ce que tu exiges des autres ?
Je n’exige rien de personne mais je leur demande ce qu’ils veulent bien me donner. Mes joueuses me donneront ce qu’elles pourront car d’emblée, je considère – peut être naïvement – qu’elles essaieront de me convaincre de les laisser sur le terrain en se comportant de façon exemplaire.
7. Qu’est-ce que tu ne pardonnes pas à toi ni aux autres ?
Trahir. Je donne ma confiance facilement. Mais si je suis déçu, plus jamais ne la rends.
8. Ton héros imaginaire et/ou dans la vraie vie ?
Je n’ai pas de héros. Le problème du héros, c’est qu’on l’encense, qu’on construit un mythe autour de lui alors qu’il est comme nous tous: il mange, il boit, il rote et il pète. Ramené à une échelle plus terre à terre, ce n’est pas forcément très glorieux.
9. Tu succèdes à un entraîneur mythique de Fufu qui a son style à lui. Quel va être le tien ?
Je ne connais pas le style de Michal. Et je ne me permettrais pas les comparaisons avec lui. Ceci dit, j’aime les défenses dures, physiques et les attaques léchées où les joueuses font preuve d’intelligence et de polyvalence.
Personnellement j’apprécie particulièrement de casser et de détruire le collectif adverse en empêchant les opposants de jouer leur jeu habituel.
10. Autant te le dire tout de suite, tu vas être amené à coacher dans la fumée et les odeurs de cuisine. Donc pour éviter que l’on te perde tout de suite au cours du premier match, c’est quoi le plat que tu détestes ?
De façon générale, tout ce qui ce compose de verdure cuite à la vapeur. Je suis plutôt carnivore.
11. Et tant qu’on y est, quelqu’un va peut-être t’entendre, celui que tu préfères ?
Y en a trop. Un livre de 300 pages de recettes n’y suffirait pas.
12. Les filles vont-elles souffrir le 13 août (à la reprise) ?
La reprise c’est le 15 Aout (tant pis pour celles qui viendraient le 13 car il n’y aura personne). Et oui, elles vont souffrir mais uniquement si elles ne se sont pas préparées. Dans ce cas, la souffrance sera physique mais aussi psychologique. Car je leur mettrai la pression et bien plus encore.
Je ne supporte pas qu’un joueur n’arrive pas préparé lors de la reprise. Il risque de se blesser, il se fatigue très vite. De fait, il fait perdre du temps à ses partenaires et à son coach. C’est une question d’éducation à mon sens.
13. Une anecdote basket ?
Il y a deux ans, j’ai passé mon BE2 avec les filles de l’INSEP qui évoluent en Ligue 2. Je compose les équipes et leur demande d’uniformiser la couleur de leur vêtement. Du coup, certaines enlèvent leur chasuble et se retrouvent donc en soutien gorge de sport. Surpris, je pique un fard, gêné par cette situation (c’était ma première fois). Je me retourne et fait semblant de compter mes plots. Du coin de l’œil, je vois Toupane et Ory (entraîneur d’équipes de France Jeune) qui sourient, constatant mon embarras.
Voici la véritable différence entre les filles et les garçons. On ne demande pas aux filles de se mettre torse nu afin de composer des équipes!
14. Mardi 19h16. Tu es en retard à l’entraînement qui commence à 19h15. Déjà ça commence mal. Tu entres dans la salle, y’a don du sang d’un côté et entraînement de tennis de l’autre. 5 filles courent autour du terrain, 3 attendent les clefs du vestiaire, 1 est blessée et Jess se cache derrière le poteau. T’as perdu samedi dernier, t’as du travail pour préparer le prochain match et JR veut faire un speech au début de l’entraînement (et d’ailleurs lui il t’attend depuis 1 moment à la salle !). Ah et puis il fait froid! Comment tu gères cette situation (tout à fait plausible au demeurant) ?
- Je vire le tennis car ce n’est pas deux joueurs qui vont nous empêcher de nous entraîner
- les trois traînardes qui font de la résistance pour ne pas se changer, espérant que l’entraînement est annulé, vont morfler une fois sur le terrain
- j’attache une balise GPS sur Jessica pour savoir à tout moment où elle se trouve
- JR fera son speech un autre jour
- et le froid, c’est dans la tête.
15. Sincèrement, vas-tu être l’entraîneur qui va réussir à ce que Sophie garde ses bras en l’air en défense, faire courir Jess, empêcher Steph de bailler à l’entraînement et Jiri de jurer en slovaque ?
Il n’existe que des solutions : je greffe des oursins sous les aisselles de Sophie, je mets un collier électrique que j’active dès que Jess court au ralenti, j’envoie une balle en pleine tête à Steph dès que je la vois amorcer ne serait-ce qu’un mouvement de mâchoire (et je vise très bien). Les jurons slovaques ne me gênent pas, je leur trouve même un petit côté exotique.
Merci Guillaume, bonne saison et bonne chance aux filles!